Julie Nioche
DIRECTRICE ARTISTIQUE, CHOREGRAPHE, DANSEUSE, OSTEOPATHE
Julie Nioche est danseuse et chorégraphe, diplômée du CNSMD - Conservatoire National Supérieur de musique et de danse de Paris.
Elle a travaillé comme interprète auprès d’Odile Duboc, Hervé Robbe, Meg Stuart, Alain Michard, Catherine Contour, Emmanuelle Huynh, Alain Buffard, Jennifer Lacey.
Elle est responsable des projets artistiques de A.I.M.E. - Association d’Individus en Mouvements Engagés, qu’elle crée en 2007 pour accompagner l’ensemble de ses projets (pièces chorégraphiques, performances in situ, actions dans différents espaces médicaux et sociaux).
De 1996 à 2007, elle co-dirige l’association Fin novembre avec Rachid Ouramdane au sein de laquelle elle participe à des projets communs et initie les siens propres. Elle y met également en place de nombreux dispositifs de recherche plus informels.
Elle débute en 2000 un cursus universitaire en psychologie, une formation en ostéopathie validée en 2008 et participe à plusieurs colloques d’éthique médicale.
Julie Nioche est une artiste qui se situe au carrefour de plusieurs champs d’exploration, celui de la création contemporaine, du monde du soin et de la recherche.
Elle questionne les territoires de la danse et le transfert de ses savoir-faire dans d’autres contextes : le monde médical, celui de l’architecture ou encore la sphère de l’éducation.
À la recherche d’une autre façon de considérer l’espace du sensible dans notre quotidien et dans le but d’enrichir ses questionnements autour du corps et de ses limites, elle ancre ses projets dans des environnements diversifiés afin qu’ils prennent différentes formes et valorisent toujours l’hybridation des sources et des savoirs. C’est plus précisément la notion d’« image du corps » qui est le point de rencontre et de tension signifiantes entre sa pratique artistique et les sciences de la santé.
Ainsi, l’installation X, à la source de la pièce XX (with Alice) (2001), axée sur les troubles de l’image du corps, a connu un prolongement sous forme d’ateliers auprès de patientes souffrant de troubles du comportement alimentaire au CHU de Dijon.
La pièce La Sisyphe (2003), travaillant les limites du corps à travers l’épuisement physique a été conçue en lien avec un atelier pour des enfants infirmes moteurs cérébraux dans un centre de rééducation motrice à Reims. Pour la réalisation de la performance Les Sisyphe x 10, démultiplication de ce solo, la chorégraphe a développé avec Gabrielle Mallet un atelier alliant danse et ostéopathie s’adressant à des personnes non danseurs.
En 2005, la pièce H2O-NaCl-CaCO3 questionnant les limites du corps avec l’espace, la mène à réaliser avec l’architecte Virginie Mira des ateliers au sein d‘une école d’architecture, l’ ENSAD.
Enfin, la création Matter (2007-08) est un questionnement sur la construction de la physicalité féminine avec 4 artistes femmes de pays différents. À travers la dissolution de leur vêtement par le contact avec l’eau, les danseuses donnent à leur corps une consistance de réalité matérielle à la fois sensuelle et dérisoire. La pratique du massage et le rapport à l’élément eau font partie intégrante du processus de création de cette pièce.
En 2010, elle crée Nos solitudes, œuvre imaginée autour d’un corps suspendu qui dans un rapport nouveau à l’espace et à la gravité, fait l’expérience de la solitude grâce à ce référentiel inhabituel. La danse déborde alors vers une métaphore scénique de nos attaches, nos liens et nos appuis.
Toutes ces recherches ont été le point de départ de plusieurs séminaires : "Études" à La Ménagerie de Verre en 2002, "Autour de l’image du corps" (2003-2009), séminaire annuel au département danse de l’université Paris 8, en collaboration avec Isabelle Ginot, Gabrielle Mallet, Christine Roquet.
Elles ont abouti à la signature d’une convention de collaboration entre A.I.M.E et le département danse de l’université Paris 8 et à la création en 2009 du nouveau D.U. Techniques du corps et monde du soin.
