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AN ESCAPE - Presse

Journal LA TERRASSE N°339 - janvier 2026 - par Nathalie Yokel

extrait - Par Nathalie Yokel
(...) Observant l’ordre des choses, et notre capacité à accepter les réactions en chaîne, Julie Nioche offre un espace de construction et de déconstruction qui appelle à reconsidérer les logiques. Il s’agit alors d’accueillir les surprises, les métamorphoses, et d’autres réponses possibles envers l’inconnu, envers la faille, par la poésie et l’imaginaire (...)

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SCENEWEB.FR - dec.2024 - par Belinda Mathieu

« Une échappée » magique, avec trois fois rien

Article publié sur https://sceneweb.fr le 16 décembre 2024

La chorégraphe Julie Nioche déploie un univers inventif et féérique pour deux interprètes, qui imaginent des mondes grâce à des objets d’apparence banale.

Des baluchons amoncelés sur la tête d’une danseuse, qui devient une créature, une sculpture vivante… En une image, Julie Nioche parvient déjà à nous plonger dans un monde magique et enfantin. Interprète dans les années 1990 pour, entre autres, Hervé Robbe et Alain Buffard, elle a commencé la chorégraphie dès les années 2000, en misant sur l’expérimentation, et en donnant à la lumière, la scénographie et la musique une place centrale dans la création chorégraphique. Avec Une échappée, elle déploie un poème teinté de fantaisie à l’attention des tout-petits – le spectacle est conçu pour les enfants à partir de 2 ans et demi – avec des objets de la vie quotidienne.

Au début, il y a cette danseuse, assise sur un tabouret dans une structure de maison, avec un gros tas de tissus sur la tête. Un homme lui ouvre la porte de la petite demeure pour qu’elle puisse, à petits pas, se présenter devant nous. Après s’être délestée de ce couvre-chef, la danseuse commence son voyage, nous emmène dans des mondes féériques, sous les exclamations émerveillées et les rires du public. Elle plonge dans l’océan, grâce à un grand voile en plastique qui, quand elle l’agite, figure la danse du plancton ; elle plane parmi les nuages lorsqu’elle enfile un casque et des chaussons en ouate et fait le poirier ; elle contemple une ville agitée, ses routes, ses gratte-ciels. Bientôt, un monstre la traverse grâce à des jeux d’enfants qui, avec les lumières, créent un théâtre d’ombres.

Au fil de cette traversée qui libère les imaginaires, une comptine à la douce mélodie nous accompagne : « Je voudrais être un oiseau avec des ailes grandes comme ça », qui reprend ensuite l’air du titre C’est la ouate de Caroline Loeb. C’est l’inventivité qui fait le sel de cette pièce. Grâce à des objets du quotidien, dont la plupart semblent récupérés, elle propose une alternative à la morosité du monde.

Belinda Mathieu

© Photo Eric Deguin © Photo Eric Deguin